
Des deux favoris pour remporter la primaire républicaine, aucun n’est évangélique! Les Romney sont mormons de père en fils, et Rick Santorum se dit catholique. Mais alors pour qui votent les chrétiens évangéliques?
Depuis les années soixante le parti conservateur peut compter sur la Bible Belt (le sud profond) en tant que soutien majeur lors des élections. La “révolution conservatrice” de Ronald Reagan s’est d’ailleurs largement appuyée sur cet électorat qui ne cessait de dénoncer la contre-culture héritée de mai 68. Depuis, tous les quatre ans, le public français redécouvre avec étonnement le poids électoral de ce qu’il est convenu d’appeler la “droite religieuse”.
Revenons tout d’abord sur ce terme: “évangélique” ou “chrétien évangélique”. C’est une dénomination trans-confessionnelle chez les protestants, c’est-à-dire que c’est un courant religieux qui se superpose en général à une autre confession. Par exemple, on peut se dire baptiste, méthodiste, pentecôtiste, adventiste… ET évangélique.
Les évangéliques se reconnaissent dans plusieurs points: l’importance de la Bible, la conversion à Dieu, le rôle de la Croix et un certain prosélytisme. Comme tous les protestants ils préfèrent interpréter les Saintes Ecritures eux-mêmes sans la médiation d’une Eglise intégrée comme c’est le cas chez les catholiques.
Parmi la communauté évangélique, les chrétiens charismatiques ou pentecôtistes attirent particulièrement l’attention. En effet ces derniers expriment leur foi de manière particulièrement émotionnelle. Leur don de parler des langues inconnues mais aussi leur pratique d’imposer des mains à des fins de guérison en étonnent plus d’un.

Le poids politique de cette communauté est énorme. 25 à 30% des américains se disent évangéliques, on parle donc de 80 millions de personnes! George W. Bush qui a déclaré, comme d’autres président avant lui, être “born again” (né une seconde fois par le biais du baptême) a su gagner cet électorat majoritairement sudiste. Ce soutien lui a permis de remporter la partie en l’an 2000. Mais bien avant cela, l’appui des évangéliques lui a valu de sauver la campagne électorale de son père, George Bush senior.
Cette année tout comme il y a quatre ans, la droite évangélique peine à identifier son candidat, hésitant entre candidats ultra-conservateurs et candidats plus modérés mieux à même de séduire l’ensemble de l’électorat américain.
Selon le Pew Research Center Rick Santorum bénéficierait du vote catholique et évangélique tandis que Mitt romney aurait le soutien des autres protestants et des mormons. Les sondages montrent en tous cas que Rick santorum à pris la place de Newt gingrich en tant qu’alternative à la candidature de Mitt Romney jugée trop modérée.
Des quatre candidats encore en lice, seul Ron Paul est évangélique, baptiste évangélique pour être plus précis. Mais, toujours selon le Pew Research Center, il ne remporterait que 6% des voix de cette communauté.
L’électorat évangélique se prononcerait donc en fonction des idées défendues par les candidats et non en fonction de leur religion déclarée. Ce n’est pas nouveau. En son temps Jimmy Carter, pourtant très pieux, n’a pas réussi à se faire réélire face à un Ronald Reagan certes moins démonstratif mais qui défendait vigoureusement les valeurs chrétiennes.
En conclusion, pour gagner le vote évangélique il faut être un bon “social conservative”. Ce qui comprend: la défense de la famille en tant qu’institution à part entière, un refus catégorique de l’avortement (même en cas de viol) et la conviction que le mariage doit être réservé aux couples hétérosexuels.